Lamia Naji photographe est l’une des voix les plus singulières
de la photographie contemporaine africaine et arabe. Née à Casablanca, formée entre
Paris et Madrid, elle porte dans chaque image une quête d’identité profondément
ancrée dans la double culture franco-marocaine. Son travail ne ressemble à aucun autre :
noir et blanc intense, émotions brutes, et une capacité rare à capturer l’universel
dans des scènes du quotidien marocain ou européen.
Aujourd’hui, ses photographies sont exposées dans les plus grands musées du monde.
Pour le public marocain, elle représente bien plus qu’une artiste — elle est la preuve
que la créativité venue du Maroc peut rayonner à l’échelle planétaire.
Lamia Naji est une photographe et vidéaste franco-marocaine,
née à Casablanca en 1966. Autodidacte dans l’âme, elle découvre la photographie
argentique et les techniques de laboratoire grâce à son cousin, le célèbre
photographe Touhami Ennadre, à Paris. Dès ses premières images,
elle développe une approche personnelle et reconnaissable : compositions frontales,
noir et blanc saisissant, et une tension émotionnelle qui traverse l’objectif.
Sa double culture franco-marocaine n’est pas un détail biographique — c’est le
moteur central de toute son œuvre. Elle explore les ressemblances entre
les peuples plutôt que leurs différences, cherchant ce fil invisible qui relie
Madrid la nuit à Essaouira en transe.
Le chemin de Lamia Naji photographe est celui d’une artiste qui
n’a jamais cherché la facilité. Après ses débuts à Paris, elle s’installe à Madrid
grâce à une résidence à la Casa Velázquez — une période qu’elle décrit
comme décisive pour sa conquête personnelle et artistique. C’est là, entre les
nuits madrilènes et les galeries espagnoles, que naît sa première grande série photographique.
Ses résidences artistiques l’amènent dans les institutions les plus respectées
d’Europe avant que son travail ne traverse l’Atlantique :
Ce parcours de résidences n’est pas anodin : il montre une artiste marocaine
reconnue par les institutions européennes pour la qualité intrinsèque de son travail,
bien avant l’ère des réseaux sociaux.
Pour vraiment comprendre l’univers de Lamia Naji, il faut entrer
dans ses séries. Chacune est un chapitre d’une même quête : trouver l’universel
dans l’intime, le spirituel dans le corporel.
Filmée lors de ses années madrilènes, cette série en noir et blanc plonge dans
la vie nocturne de Madrid. Les Madrilènes sont surnommés los gatos — les chats —
pour leur amour de la nuit. Lamia Naji photographie la fête comme un antidote à
la tristesse, captant cette solitude paradoxale qui s’installe au cœur de la foule.
Le résultat : des images électriques, presque hypnotiques.
Filmée à Essaouira, cette série suit les lilas — les cérémonies nocturnes
des Gnawa, communauté aux racines africaines profondément ancrée dans la culture
marocaine. Lamia Naji y capture la transe, l’abandon, le lâcher-prise.
Ce qui frappe : elle juxtapose ces rituels ancestraux à une bande-son de musique
électronique, créant un dialogue entre le Maroc ancien et le monde contemporain.
C’est la série la plus personnelle de Lamia Naji photographe.
Après la perte tragique de son compagnon, elle transforme sa douleur en images.
Des photographies en apparence ordinaires — une route, une chambre, une lumière —
qui portent en elles des états d’angoisse, de lutte et d’espoir.
Les critiques ont qualifié cette série de « poème visuel » — un journal intime
traduit en photographies.
Pour le public marocain, voici ce qui rend le parcours de Lamia Naji
particulièrement remarquable : elle a exposé dans des institutions qui définissent
l’histoire de l’art contemporain mondial.
À cela s’ajoute une reconnaissance par Paris Photo au Carrousel du
Louvre, via la Galerie El Marsa, et une sélection au Prix BMW – Paris Photo.
Elle figure également dans BLINK, l’ouvrage de référence de Phaidon Press
réunissant 100 photographes, 10 commissaires et 10 critiques du monde entier.
Dans un pays où la scène de la photographie contemporaine est encore en construction,
Lamia Naji fait figure de pionnière. Elle appartient à une génération
d’artistes marocains — aux côtés de Hassan Hajjaj ou Touhami Ennadre — qui ont
imposé une vision marocaine sur les cimaises des musées occidentaux, sans jamais
sacrifier leur identité pour plaire à un marché étranger.
Son installation à Mirleft, ce village côtier du sud du Maroc,
est elle-même un acte artistique : après avoir circulé entre Casablanca, Paris,
Madrid et Rotterdam, elle a choisi de revenir s’ancrer dans un Maroc profond,
loin du tumulte des capitales culturelles. Ce choix nourrit une pratique plus
contemplative, tournée vers l’essentiel.
Vous êtes collectionneur, galerie, ou simplement passionné ? Voici comment
accéder au travail de Lamia Naji photographe :
Lamia Naji photographe est une référence incontournable pour
quiconque s’intéresse à la photographie contemporaine marocaine et africaine.
Son parcours est la démonstration que l’art né au Maroc, nourri de ses cultures
et de ses contradictions, peut toucher le monde entier.