Le phare culturel du détroit
Tanger méritait un espace à sa mesure. Depuis octobre 2016, le Complexe Culturel Ahmed Boukmakh est cet espace.
Auditorium international, galerie d’art, musée-bibliothèque, scène de festivals : en un seul édifice, Tanger s’est dotée d’un outil culturel complet, ancré dans sa mémoire et ouvert sur le monde.
Ahmed Boukmakh est né en 1928 à Tanger. Il disparaît en 1993, laissant derrière lui une œuvre pédagogique qui a traversé les générations.
Instituteur, écrivain, artiste — un homme discret dont l’influence a irrigué l’ensemble du Maroc indépendant. Son arme ? Les livres. Sa conviction ? Que la connaissance est la première des libertés.
Sa série de manuels Iqrae a appris à lire à des millions de Marocains après l’Indépendance. Ces livres ont revitalisé l’enseignement de la langue arabe dans tout le royaume.
Iqrae n’était pas un manuel ordinaire. Boukmakh collaborait avec Ahmed Chabâa (peintre) et Ahmed Chentouf (caricaturiste) pour que chaque page soit aussi belle qu’utile.
Une vision collective, artistique et pédagogique — rare pour l’époque.
Les valeurs qu’Ahmed Boukmakh a incarnées toute sa vie sont exactement celles que porte ce centre :
« Plusieurs générations lui doivent des manuels d’enseignement de qualité, transmis de génération en génération. »
Nommer ce complexe après lui, c’est choisir un pédagogue plutôt qu’un politique. Ce choix dit tout de l’ambition du lieu.
À l’inauguration, la famille Boukmakh a offert au centre sa bibliothèque personnelle — livres, manuscrits, objets d’art — transformant l’hommage en acte vivant.
L’histoire du Complexe Boukmakh est d’abord une histoire de persévérance.
La chronologie du projet :
Seize ans entre l’intention et l’ouverture. Un délai qui dit la complexité des grands projets publics — et la force d’une conviction qui ne s’est jamais éteinte.
Près de 1 000 personnes assistent à l’inauguration. Le maire Bachir Abdellaoui, des élus, des artistes, des familles de Tanger — tous réunis pour un même soir historique.
Le chanteur national Nouamane Lahlou baptise musicalement l’auditorium. Sa voix résonne dans un espace neuf qui découvre pour la première fois ce qu’il est capable d’accueillir.
Ces chiffres envoient un message clair : la culture comme investissement stratégique, pas comme dépense accessoire.
La mission du Complexe Boukmakh est définie dès l’origine : être un espace d’échange et de partage entre artistes marocains et étrangers.
Aucune discipline n’est exclue. Aucun public n’est oublié.
Les domaines couverts :
Tanger est candidate au réseau UNESCO Villes Créatives. Le Complexe Boukmakh est l’un des piliers de cette ambition.
Un équipement aux normes internationales, capable de dialoguer avec les institutions culturelles européennes et arabes. Une scène qui positionne Tanger non comme ville de passage, mais comme destination culturelle.
C’est le cœur du complexe.
Dans une ville comme Tanger — étape naturelle des tournées méditerranéennes — cet auditorium est un outil rare. Les compagnies professionnelles y trouvent un cadre technique à la hauteur de leurs exigences.
Espace d’exposition dédié aux arts visuels, la galerie accueille des expositions temporaires d’artistes marocains et internationaux.
Peinture, sculpture, photographie, arts mixtes : un cadre sobre et professionnel pour la création contemporaine, dans une ville dont la scène plastique est l’une des plus riches du Maroc.
L’espace le plus singulier du complexe — et le moins connu.
Ce musée abrite le fonds personnel légué par la famille Boukmakh : livres, manuscrits, documents, correspondances et objets d’art qui ont constitué l’univers intellectuel du pédagogue tangérois.
Un patrimoine unique pour les chercheurs en histoire de l’éducation marocaine et en littérature arabophone.
Sur ses 12 000 m² au total, le complexe propose également :
Vous poussez les portes du Complexe Boukmakh et quelque chose se passe. Pas le frisson intimidant des grands musées internationaux. Quelque chose de plus intime — la sensation d’entrer dans un lieu qui vous appartient.
Le public du centre est celui de Tanger dans toute sa diversité : étudiants, familles, intellectuels, artistes, curieux de passage. Une chaleur tangéroise qui n’a rien d’artificiel.
Lors d’une même visite, il est possible de :
Tanger, dans toute sa richesse culturelle, tient en un seul bâtiment sur l’Avenue Raimundo Lulio.
Lancé en 2005 par la Fondation du Festival Méditerranéen de la Culture Amazighe, le Festival Twiza est l’un des rendez-vous culturels les plus importants du nord du Maroc.
La 17ème édition (2023) était placée sous le thème « Dans le besoin d’un projet culturel alternatif ».
Le programme type du festival :
Le Centre Boukmakh est l’un des lieux emblématiques du Festival International de Théâtre Universitaire de Tanger.
Chaque édition révèle de jeunes talents de la scène théâtrale marocaine, en dialogue avec des compagnies venues de l’international. L’auditorium du complexe a été le théâtre de premières émotions, de rencontres entre générations du théâtre marocain.
Le centre accueille régulièrement des soirées associant :
Une soirée dédiée à l’écrivain, poète et artiste peintre Mohamed Hmoudane a notamment marqué la programmation récente du centre.
Au-delà des spectacles, le complexe est un espace de pensée.
Conférences sur les enjeux culturels marocains et méditerranéens, débats sur la création contemporaine, tables-rondes intellectuelles : le centre est un lieu où la culture se discute autant qu’elle se contemple.
Consultez la programmation actuelle sur le site officiel de la Commune de Tanger.
Il existe dans ce complexe un espace dont peu de visiteurs connaissent l’existence — et dont la valeur est pourtant inestimable.
La famille Boukmakh, conduite par sa fille Nazik Boukmakh, a choisi d’offrir à la ville de Tanger le fonds personnel du pédagogue au moment de l’inauguration.
Remettre les livres, manuscrits et objets d’art d’Ahmed Boukmakh à un lieu public, c’était transformer un hommage en engagement durable.
Le fonds rassemble :
Pour les chercheurs en histoire de l’éducation marocaine ou en littérature arabophone, ce fonds est une source primaire exceptionnelle — encore largement inexplored. ArtMap.ma est l’un des rares espaces à en signaler l’existence et l’importance.
Pour comprendre le Complexe Boukmakh, il faut comprendre Tanger.
À 14 kilomètres de l’Europe, Tanger a vécu plus de trente ans sous le statut de Zone Internationale (1923–1956). Une expérience unique de cohabitation entre nations, langues et cultures qui a façonné une identité urbaine sans équivalent au Maroc.
De cette période est née une tradition d’ouverture et de créativité qui irrigue encore la ville aujourd’hui.
Tanger, c’est aussi une ville de plume et de mémoire littéraire :
L’arabe, le darija, le français, l’espagnol et le tamazight se mêlent dans la même conversation tangéroise. Le Complexe Boukmakh est l’héritier naturel de cette tradition de dialogue, de beauté et d’intelligence partagée.
Le complexe développe ses activités avec un réseau structuré de partenaires :
Partenaires institutionnels
Partenaires événementiels
Partenaires patrimoniaux
Artistes invités notables
L’ambition du complexe est d’élargir ce réseau vers les institutions culturelles méditerranéennes et européennes — dans la continuité de la vocation internationale de Tanger.
Vous êtes artiste, compagnie, association culturelle ou porteur d’un projet de création ? Le Complexe Boukmakh est un outil à votre disposition.
Ce que le centre peut accueillir :
Pour toute demande de partenariat ou de réservation d’espace, contactez la direction du complexe via la Commune de Tanger.
ArtMap.ma facilite également la mise en relation entre les lieux culturels marocains et les artistes cherchant des espaces de diffusion — écrivez-nous pour en savoir plus.