Centre Culturel Abdellah Guennoun : Un espace de création, de mémoire et de vie culturelle au cœur du quartier
À l’est de Casablanca, dans l’arrondissement d’Aïn Chock, un bâtiment culturel change silencieusement le quotidien de centaines de milliers d’habitants. Le Complexe Culturel Abdellah Guennoun a ouvert ses portes en novembre 2017, porté par un investissement de plus de 23 millions de dirhams de la Région Casablanca-Settat.
Ce n’est pas un centre culturel de plus. C’est un équipement pensé pour un quartier qui en avait profondément besoin : des ateliers, une bibliothèque, des salles d’exposition, et un amphithéâtre de 600 places, tout cela à portée de bus pour les familles d’Aïn Chock.
Sa vocation est claire : croiser création artistique, apprentissage culturel et célébration du patrimoine marocain — dans un espace ouvert à tous, sans distinction d’âge ni de milieu.
Porter le nom d’Abdellah Guennoun, c’est assumer un héritage intellectuel d’une rare densité.
Né à Fès en 1908, formé à l’université Qarawiyyine, Abdellah Guennoun s’est imposé comme l’une des figures les plus complètes du Maroc du XXe siècle : théologien, historien, poète, écrivain et militant nationaliste. Depuis Tanger, il a fondé la première école privée marocaine, participé activement au mouvement pour l’indépendance, puis est devenu le premier gouverneur de la ville après 1956. Il fut également membre de l’Académie du Royaume du Maroc.
Avant sa mort en 1989, il a légué sa bibliothèque personnelle à la ville de Tanger — geste fondateur, acte de transmission.
« Donner le nom d’Abdellah Guennoun à un centre de quartier, c’est placer la culture populaire sous le signe de l’érudition et de la mémoire nationale. »
En portant ce nom, le complexe d’Aïn Chock s’inscrit dans cette tradition : rendre le savoir accessible, ancrer la culture dans le quotidien des gens.
Aïn Chock est l’un des arrondissements les plus peuplés de Casablanca, avec près de 400 000 habitants. Quartier populaire et familial, à forte identité de proximité, il abrite un tissu associatif dense mais a longtemps manqué d’équipements culturels structurants.
Le Complexe Culturel Abdellah Guennoun est venu combler ce vide. Sa simple existence est un acte politique au sens noble du terme : décider que la culture n’est pas un privilège réservé aux quartiers centraux de la métropole.
Pour les habitants d’Aïn Chock, ce centre n’est pas un détour — c’est un voisin.
Le complexe a été conçu pour accueillir des usages multiples, des plus intimes aux plus collectifs. Voici ses espaces principaux :
L’amphithéâtre
La bibliothèque
Les ateliers thématiques
Les salles d’exposition
Les espaces extérieurs
Chaque espace a été pensé pour accueillir aussi bien un enfant du quartier qui découvre la peinture qu’un artiste professionnel qui présente son travail.
Le centre se distingue par la diversité de son offre culturelle. Loin d’être mono-disciplinaire, il fonctionne comme un carrefour des pratiques artistiques et patrimoniales.
Arts vivants
Arts plastiques et visuels
Littérature et livre
Éducation culturelle
Patrimoine et identité marocaine
Depuis son inauguration, le centre a accueilli des événements qui témoignent de l’ambition de sa programmation.
Festival International des Arts et de la Littérature « Mille et Une Nuits » (2018) Le centre a accueilli la 2e édition de ce festival dédié à la rencontre entre littérature classique et création contemporaine. L’écrivain et universitaire Abdelfattah Kilito, l’une des voix les plus importantes des lettres marocaines, y a participé. Un signal fort sur le positionnement intellectuel du centre.
Exposition collective « CONVERGENCES » — Association PlumArt (avril 2018) Trois artistes plasticiens — Shams Sahbani, Hamza Aatik et Abdelaziz Abdouss — ont exposé leurs œuvres dans les salles du complexe. Entrée libre, du matin au soir. Un modèle de partenariat entre le centre et le tissu associatif artistique local.
Soirée du Nouvel An Amazigh — Yennayer Une soirée musicale d’exception, avec au programme :
Cet événement illustre l’un des engagements les plus distinctifs du centre : faire de la culture amazighe une programmation régulière, et non une exception.
Peu de centres culturels municipaux de Casablanca programment la culture amazighe avec autant de régularité et de visibilité. Le Complexe Abdellah Guennoun fait exception — et c’est l’une de ses forces les plus singulières.
La célébration de Yennayer, le Nouvel An amazigh (13 janvier), est devenue un rendez-vous ancré dans la vie du centre. Elle n’est pas anecdotique : elle mobilise des artistes nationaux de premier plan et remplit l’amphithéâtre.
Ce positionnement prend tout son sens à Aïn Chock, quartier à forte population d’origine berbère. Programmer Oudaden ici, c’est rendre la culture amazighe aux communautés qui la vivent et la transmettent.
« Programmer Oudaden dans un amphithéâtre de 600 places à Aïn Chock, c’est rendre la culture amazighe à ceux qui la portent. »
Dans le contexte de la Constitution de 2011, qui a officialisé tamazight comme langue nationale et officielle du Maroc, les centres culturels publics jouent un rôle irremplaçable dans la traduction concrète de cette reconnaissance. Le Complexe Abdellah Guennoun en est un exemple vivant.
Le centre ne fonctionne pas en vase clos. Il s’inscrit dans un réseau culturel casablancais en construction.
Tutelle institutionnelle
Réseau des centres culturels de quartier Le complexe fait partie du réseau des partenaires de L’Atelier de l’Observatoire, référence incontournable de la scène artistique contemporaine de Casablanca. Ce réseau comprend également :
Partenaires culturels directs
Ce réseau positionne le centre bien au-delà du rôle d’équipement de quartier : il en fait un acteur à part entière de la vie culturelle de la métropole.
Le Complexe Culturel Abdellah Guennoun est né d’une décision politique assumée : investir plus de 23 millions de dirhams dans la culture d’un quartier populaire.
Cette décision s’inscrit dans un mouvement plus large. Depuis la Constitution de 2011 et la régionalisation avancée, les Régions marocaines ont acquis de nouvelles compétences culturelles. Casablanca-Settat a fait le choix d’en user concrètement, en dotant Aïn Chock d’un outil à la hauteur de ses ambitions.
Le défi, désormais, n’est plus la construction. C’est la durée. Faire vivre un amphithéâtre de 600 places avec une programmation régulière, ambitieuse et accessible — c’est cela, le vrai investissement culturel.
Les premiers événements documentés depuis 2017 montrent que le centre est sur la bonne voie.
Vous êtes artiste, musicien, plasticien, écrivain ou porteur d’un projet culturel dans le Grand Casablanca ? Le Complexe Abdellah Guennoun mérite votre attention.
Les espaces disponibles pour les créateurs comprennent :
Le centre a déjà démontré son ouverture aux partenariats associatifs, comme en témoigne l’accueil de l’exposition collective de PlumArt dès 2018.
Pour proposer un projet, une exposition ou un événement, la démarche recommandée est de contacter directement la direction du centre ou la Région Casablanca-Settat, service culture.
Le potentiel est là. L’espace aussi. Il attend vos projets.
Dans une ville comme Casablanca, la culture a longtemps été une affaire de centre-ville. Les grandes galeries, les salles de spectacle réputées, les festivals internationaux — tout gravitait autour du Triangle d’Or, de Maarif, de l’Anfa.
Le Complexe Culturel Abdellah Guennoun dit autre chose. Il dit que Aïn Chock, avec ses 400 000 habitants, a le droit à une scène de 600 places, à des ateliers de sculpture, à des expositions d’art contemporain, à des soirées de musique amazighe.
Il dit que le nom d’un grand érudit marocain appartient autant à un quartier populaire qu’à une université.
Il dit, simplement, que la culture est pour tous.
C’est pour cela qu’ArtMap.ma vous invite à le découvrir, à le fréquenter, à le soutenir — et si vous êtes créateur, à en faire votre terrain.
Venez. Créez. Participez.