| Nom complet | Centre Culturel Les Étoiles / مركز النجوم الثقافي |
| Statut | Centre culturel associatif à but non lucratif |
| Porteur de projet | Fondation Ali Zaoua |
| Fondation | 2009 (Fondation) · 2014 (premier centre) |
| Quartier | Sidi Moumen, Casablanca |
| Type de lieu | Espace multidisciplinaire de formation, création et diffusion |
| Publics | Enfants, adolescents, jeunes adultes |
| @lesetoilesmaroc | |
| Centre Les Étoiles |
À Sidi Moumen, périphérie est de Casablanca, un centre culturel s’est dressé là où personne ne l’attendait. Pas un bâtiment institutionnel froid. Pas une vitrine de communication. Un lieu vivant, bruissant de musique, de danse, de mots et de couleurs — ouvert à tous, porté par la conviction que l’art transforme des destins.
Les Centres Culturels Les Étoiles, c’est aujourd’hui un réseau de cinq établissements dans cinq villes marocaines, né d’une tragédie et devenu l’une des expériences culturelles les plus singulières du Maroc contemporain.
Le 16 mai 2003, Casablanca est frappée par des attentats terroristes coordonnés. Plusieurs des auteurs des attaques viennent de Sidi Moumen. Le quartier, déjà marginalisé, se retrouve soudainement au centre d’un regard médiatique brutal et réducteur. Une communauté entière est réduite à un symbole.
Deux artistes choisissent de répondre autrement qu’en détournant les yeux.
Mahi Binebine écrit Les Étoiles de Sidi Moumen, roman qui plonge dans l’humanité complexe de ces jeunes. Nabil Ayouch adapte l’histoire au cinéma sous le titre Les Chevaux de Dieu, sélectionné à Cannes en 2012. Mais les deux hommes partagent la même certitude : un film et un roman ne suffisent pas.
En février 2009, ils fondent ensemble la Fondation Ali Zaoua — du nom du film de Nabil Ayouch sorti en 2000, qui racontait déjà la vie des enfants des rues de Casablanca. Cinq ans plus tard, en 2014, le premier Centre Les Étoiles ouvre ses portes à Sidi Moumen même. Dans le quartier. Pour ses habitants.
Nabil Ayouch est cinéaste franco-marocain, né en 1969 à Paris. Son œuvre traverse les fractures de la société marocaine — des enfants des rues (Ali Zaoua, 2000) à la jeunesse périphérique (Haut et Fort, 2021, sélection officielle Cannes). Reconnu par les festivals internationaux, il est aussi et surtout un acteur de terrain, profondément engagé dans le quotidien de la Fondation.
Mahi Binebine est peintre et romancier, né à Marrakech en 1959. Ses toiles sont exposées à New York, Paris, Bruxelles et Abu Dhabi. Ses romans sont traduits dans une dizaine de langues. Co-fondateur de la Fondation, il en incarne la dimension artistique et symbolique — la conviction que la beauté est un droit, pas un privilège.
En sept ans, cinq centres. Un réseau national unique en son genre au Maroc.
Environ 800 m² au cœur de Sidi Moumen. De l’extérieur, rien ne prépare vraiment à ce que l’on découvre en poussant la porte.
On entend d’abord. Une ligne de basse qui s’échappe du studio de musique. Un beatboxer qui répète. Des voix qui travaillent une scène de théâtre. Le rire d’un groupe en plein atelier arts plastiques.
Puis on voit. Les murs tapissés des œuvres des élèves. Les graffitis pédagogiques qui racontent le quartier autrement. Des adolescents en répétition qui ne regardent pas leurs téléphones — ils sont là, entiers, présents.
Le centre comprend :
C’est un espace qui appartient à ceux qui le fréquentent. Cela se sent.
Sidi Moumen se situe à environ 15 km à l’est du centre de Casablanca. Né des vagues successives d’exode rural, le quartier concentre une population dense, jeune, et longtemps ignorée par les circuits culturels officiels de la métropole.
Après 2003, le stigmate s’est durci. Le nom de Sidi Moumen est devenu, dans l’imaginaire collectif marocain et international, synonyme de marginalisation et de radicalisation. Une réduction injuste pour une communauté dont la résilience et la créativité n’attendaient qu’un espace pour s’exprimer.
Créer un centre culturel ici n’est pas un geste neutre. C’est un acte politique, artistique et humain. C’est dire à chaque habitant du quartier : votre culture compte, votre talent existe, ce lieu est pour vous.
La transformation est progressive, mais elle est réelle. Et elle se mesure, entre autres, dans les yeux de ceux qui franchissent la porte pour la première fois.
La philosophie pédagogique des Étoiles repose sur une idée simple et radicale : l’art n’est pas un loisir accessoire. C’est un langage. Un outil de construction de soi. Une voie vers l’autonomie.
Les cours sont dispensés par des enseignants professionnels salariés. Plus de 50 heures de formation sont proposées chaque semaine. Les disciplines couvertes incluent :
Cette dernière discipline mérite d’être soulignée. Dans un quartier périphérique où l’accès aux cours de langue est limité et coûteux, proposer cinq langues étrangères est un acte d’ouverture au monde remarquable.
C’est le programme le plus emblématique du réseau Les Étoiles. Lancée en 2016, la Positive School of Hip-Hop est un projet national de formation et de production artistique centré sur la culture hip-hop marocaine.
Le hip-hop n’est pas choisi par hasard. Au Maroc, il est le langage naturel de toute une génération urbaine — un vecteur d’identité, de revendication et de fierté. La Positive School s’appuie sur ses quatre piliers fondateurs :
Le programme va au-delà de la formation. Il organise des battles, des showcases publics, des résidences avec des artistes confirmés. Il a propulsé des bénéficiaires vers des carrières professionnelles réelles dans la musique, la danse et l’ingénierie du son.
« Le hip-hop, c’est la culture de ces jeunes. On ne leur apporte pas quelque chose d’extérieur — on amplifie ce qu’ils ont déjà en eux. »
Lorsque Nabil Ayouch tourne Haut et Fort en 2021 — sélection officielle au Festival de Cannes — il recrute directement parmi les bénéficiaires de la Positive School. Des jeunes de Sidi Moumen sur les écrans du monde entier.
Au-delà de la formation artistique, la Fondation Ali Zaoua a développé un dispositif de professionnalisation unique au Maroc : l’Académie des Métiers de la Culture.
L’AMC s’adresse aux jeunes adultes, aux artistes en reconversion et aux futurs techniciens culturels. Elle propose des formations en :
Dans un pays où la formation aux métiers de la culture reste rare et peu structurée, l’AMC comble un vide réel. Elle forme les professionnels que le secteur culturel marocain en pleine croissance attend.
📚 Médiathèque publique — livres, revues et ressources culturelles accessibles à tous les habitants du quartier 🕗 Ouverte 7 jours sur 7 dans plusieurs centres du réseau 🆓 Accès libre et gratuit
Dans un quartier où les espaces de lecture publique sont rares, la médiathèque des Étoiles est bien plus qu’un service : c’est un acte de dignité culturelle. Elle est ouverte à tous — enfants, parents, anciens — sans condition d’inscription aux ateliers.
Les Centres Les Étoiles ne sont pas des écoles fermées sur elles-mêmes. Ils sont des scènes vivantes, ouvertes sur la ville et sur le monde.
Chaque saison, le réseau organise près de 100 événements et spectacles, répartis entre :
Pour suivre la programmation en temps réel : @lesetoilesmaroc sur Instagram · Page Facebook officielle
| Indicateur | Chiffre |
|---|---|
| Bénéficiaires réguliers (Sidi Moumen) | ~1 000 par an |
| Visiteurs accueillis chaque année | 10 000+ |
| Artistes accueillis en une saison | 220 (dont 62 internationaux) |
| Pays représentés parmi les artistes | 8 |
| Heures de cours par semaine | 50+ |
| Événements par saison | ~100 |
| Centres actifs au Maroc | 5 |
| Années d’existence de la Fondation | 15+ |
Ces chiffres ne racontent qu’une partie de l’histoire. L’autre partie, elle se vit dans les salles de répétition.
Il y a des trajectoires qui résument mieux que n’importe quel rapport d’activité ce que Les Étoiles produisent réellement.
Des jeunes danseurs formés à la Positive School depuis l’adolescence qui travaillent aujourd’hui comme artistes professionnels. Des ingénieurs du son issus de Sidi Moumen qui exercent dans des studios d’enregistrement à Casablanca et à l’étranger. Des participants au casting de Haut et Fort de Nabil Ayouch qui n’avaient, quelques années plus tôt, jamais mis les pieds sur une scène.
« Avant le centre, je ne savais pas que j’avais du talent. Je ne savais même pas que le talent, ça existait pour quelqu’un comme moi. »
L’impact des Étoiles est également documenté sur d’autres dimensions : amélioration des résultats scolaires des bénéficiaires, réduction de l’abandon scolaire, diminution des manifestations de violence dans les quartiers concernés, implication croissante des femmes et des mères dans la vie culturelle locale.
L’art n’a pas sauvé Sidi Moumen. Mais il y a allumé quelque chose qui ne s’est pas éteint.
Les Centres Les Étoiles ne sont pas repliés sur leur quartier. Ils sont connectés au monde.
Quelques preuves concrètes :
La Fondation Ali Zaoua est aujourd’hui reconnue internationalement comme un modèle d’action culturelle dans les pays du Sud. Un modèle qui prouve qu’on peut construire de l’excellence artistique dans un quartier périphérique — et pas malgré le contexte, mais grâce à lui.
Au Maroc, le mécénat culturel privé est encore jeune. Les Étoiles en sont l’une des expressions les plus abouties. Leur capacité à fédérer des partenaires institutionnels, privés et internationaux est, en elle-même, un signal fort de crédibilité.
| Partenaire | Rôle |
|---|---|
| Fondation Société Générale Maroc | Soutien financier historique + mécénat de compétences |
| INDH | Partenariat tripartite pour Agadir et Marrakech |
| Ministère de la Jeunesse et des Sports | Mise à disposition du Riad El Kébir (Marrakech) |
| British Council | Coopération artistique internationale |
| Fondation de Luxembourg / PIOU REDO | Soutien à l’expansion du réseau |
| Fondation Jardin Majorelle | Médiation culturelle dans les musées de Marrakech |
| Wilaya et Ville d’Agadir | Ancrage institutionnel local |
Chaque centre du réseau est ancré dans sa réalité locale. Même ADN, expressions différentes.
Chaque centre adapte sa programmation à la culture locale. Tous partagent les programmes nationaux — Positive School, AMC, médiathèque — qui forment le socle commun du réseau.
Centre principal — Les Étoiles de Sidi Moumen, Casablanca
Les horaires d’ouverture varient selon la programmation. Consultez les réseaux sociaux du centre pour l’agenda le plus à jour.
Pour les enfants et adolescents
Pour les adultes et les artistes
Pour les professionnels culturels
Les Centres Les Étoiles fonctionnent grâce à la confiance de leurs partenaires — et à la générosité de celles et ceux qui croient que la culture est un investissement, pas une dépense.
Plusieurs formes d’engagement sont possibles :