📍 Adresse : Boulevard Souhaib Erroumi, Hay Mansour III, Sidi Bernoussi, Casablanca
☎️ Téléphone 1: 0695 34 73 70
☎️ Téléphone 2 : 0660 65 28 18
📅 Lundi : 10h00–18h00
📅 Mardi: 10h00–18h00
📅 Mercredi: 10h00–18h00
📅 Jeudi: 10h00–18h00
📅 vendredi : 10h00–18h00
📅 Samedi : 10h00–18h00
📅 Dimanche : Fermé
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Complexe Culturel Hassan Skalli

Centre Culturel
Casablanca

À Sidi Bernoussi, il existe une maison où Casablanca populaire et Casablanca artistique se donnent rendez-vous. Elle porte le nom d’un homme qui a consacré sa vie à faire vivre les histoires des autres. Elle appartient, désormais, à tout un quartier.

Le Complexe Culturel Hassan Skalli est l’un des équipements culturels les plus significatifs de l’est casablancais. Inauguré en novembre 2008, il incarne une conviction simple et forte : la culture n’est pas un privilège de centre-ville. Elle est un droit de quartier.

En un coup d’œil

  • Type d’établissement : Complexe culturel municipal polyvalent
  • Année d’inauguration : 2008
  • Capacité principale : Salle de spectacle de 720 places
  • Quartier : Sidi Bernoussi, Hay Mansour III
  • Ville : Casablanca
  • Direction : Adam Bouhlal
  • Téléphone : +212 695 34 73 70 / +212 660 65 28 18
  • Accès : Tram T2 (arrêt Bernoussi) · Bus 33, 64, 65, 82, 90, 606, 608, 800 · Train TNR / TGL
  • Langues de programmation : Darija · Tamazight · Français

Histoire : Un hommage devenu maison

L’inauguration de novembre 2008

Le 12 novembre 2008, le Complexe Culturel Hassan Skalli ouvre ses portes dans une atmosphère à la fois festive et recueillie. La date n’est pas anodine : Hassan Skalli vient de s’éteindre à Rabat le 27 août, deux mois et demi plus tôt.

La soirée inaugurale donne immédiatement le ton de ce que sera ce lieu. Une exposition réunit les œuvres des peintres Aberrahmane Rahoule, Abdellah El Hariri et Abderrahmane Ouardane. Un vernissage photographique célèbre le parcours de l’artiste disparu. Les chanteuses Saïda Charaf et Chama Almaghribia se produisent sur scène, aux côtés du jeune interprète de répertoire arabe classique Youssef Jrifi, d’une troupe d’Ahwach et du groupe Tagadda.

La communauté artistique nationale est présente. Le message est clair : ce complexe n’est pas une infrastructure administrative. C’est un acte d’amour collectif.

Une volonté institutionnelle collective

Le projet est né d’un partenariat inédit entre quatre institutions :

  • Le Conseil de la Ville de Casablanca
  • La Commune urbaine de Sidi Bernoussi
  • Le Ministère de la Culture du Maroc
  • La Wilaya du Grand Casablanca

Cette alliance dit quelque chose d’important sur l’ambition du lieu : il ne s’agissait pas de construire une salle de plus, mais d’inscrire dans la pierre la reconnaissance d’un artiste, et à travers lui, de toute une génération de créateurs marocains.

Portrait : Qui était Hassan Skalli ?

Une vie pour le jeu

Né à Casablanca en 1931, Hassan Skalli — que ses pairs appelaient affectueusement Ba Hassan — aura traversé six décennies de création artistique marocaine sans jamais quitter la scène.

Comédien de formation et de vocation, il s’impose aussi bien au théâtre qu’à la télévision et au cinéma. Il figure parmi les pionniers de la télévision marocaine, aux côtés des premiers réalisateurs de la RTM. Engagé dans la structuration de la profession, il cofonde et préside la Chambre des artistes marocains — un héritage institutionnel qui dépasse largement sa seule carrière d’acteur.

Une filmographie ancrée dans l’histoire du cinéma marocain

Son parcours cinématographique est une traversée de l’histoire du 7ème art national. En 1956, il tourne dans Brahim ou le collier de beignets de Jean Fléchet — l’un des tous premiers films réalisés au Maroc après l’indépendance.

Sa filmographie compte ensuite des œuvres majeures du cinéma marocain et des coproductions internationales :

  • Arrissala de Mustapha El Akkad
  • Adieu forain de Daoud Aoulad Syad
  • Les Amis d’hier et Le Bar de Hassan Benjelloun
  • Le Regard de Nour-Eddine Lakhmari
  • Wake Up Morocco de Narjiss Nejjar
  • Islamour de Saad Chraibi

Il s’éteint le 27 août 2008 à Rabat, laissant derrière lui une œuvre immense et une affection populaire rare.

Pourquoi ce nom, pourquoi ici

Donner le nom d’un artiste à un complexe culturel de quartier, c’est un choix politique autant que symbolique. C’est affirmer que les créateurs marocains font partie du patrimoine commun — au même titre que les rues, les places, les monuments.

À Sidi Bernoussi, quartier populaire et travailleur, le nom de Ba Hassan résonne avec une évidence particulière. Il rappelle que la culture n’appartient pas qu’aux beaux quartiers, et que la grandeur artistique peut naître, et revenir, là où les gens vivent vraiment.

Le Quartier : Sidi Bernoussi, Casablanca côté est

Un arrondissement de plus de 500 000 habitants

Sidi Bernoussi n’est pas un quartier marginal. C’est l’un des pôles urbains les plus dynamiques de la métropole casablancaise : plus de 500 000 habitants, un tissu industriel dense, une population jeune et un tissu associatif en constante effervescence.

Pourtant, sa distance aux grandes institutions culturelles du centre-ville — l’OPM, la Villa des Arts, les galeries du Maârif — crée un fossé réel dans l’accès à la culture pour ses habitants.

Le complexe comme ancre culturelle du quartier

Dans ce contexte, le Complexe Hassan Skalli joue un rôle qui va bien au-delà de celui d’une simple salle de spectacle. Il est, pour des dizaines de milliers de familles, le premier point de contact avec l’art vivant, la lecture publique et la création contemporaine.

Une grande salle de 720 places. Une bibliothèque. Des ateliers. Dans un quartier de 500 000 âmes, chaque représentation, chaque exposition, chaque atelier compte double.

Les Espaces : une maison à plusieurs visages

La grande salle (720 places)

Avec ses 720 places assises, la grande salle du complexe est l’une des salles de spectacle les plus importantes de l’est casablancais. Elle accueille concerts, représentations théâtrales, projections cinématographiques et cérémonies culturelles.

Pour un quartier populaire, une telle capacité n’est pas un détail technique. C’est une déclaration d’intention : ce qui se passe ici mérite un vrai public, dans une vraie salle.

L’espace d’exposition

La galerie du complexe est dédiée aux arts plastiques et à la photographie. Depuis la soirée inaugurale — qui réunissait déjà trois artistes-peintres et une exposition photographique —, cet espace s’est imposé comme un lieu de visibilité pour les artistes marocains, émergents comme confirmés.

La bibliothèque et salle de lecture

Le fonds documentaire dépasse les 5 000 ouvrages, accessibles à 100 lecteurs simultanément. Dans un quartier où l’accès au livre reste un enjeu réel, cette bibliothèque n’est pas un accessoire : c’est l’un des piliers de la mission sociale du complexe.

Les trois salles d’ateliers

Le complexe dispose de trois salles équipées, pensées pour accompagner la création à toutes ses étapes :

  • Salle audiovisuelle — formation aux métiers de l’image et du son, ateliers cinéma et production vidéo
  • Salle arts vivants — danse, théâtre, expression corporelle, répétitions de troupes
  • Salle polyvalente — résidences artistiques, rencontres professionnelles, formations, réunions d’associations culturelles

Mission : la culture comme droit de quartier

Le Complexe Hassan Skalli ne se définit pas comme un temple de la haute culture. Il se définit comme un tiers-lieu culturel de proximité — ouvert, pluridisciplinaire, ancré dans les réalités de son territoire.

Sa mission s’articule autour de trois convictions :

  • Démocratiser — rendre les arts vivants, plastiques et littéraires accessibles à une population trop souvent éloignée des circuits culturels traditionnels
  • Soutenir — offrir aux artistes et troupes locales des espaces de répétition, de formation et de diffusion à la hauteur de leurs ambitions
  • Transmettre — perpétuer les valeurs de Hassan Skalli : générosité, amour du métier, excellence sans ostentation

C’est le modèle du complexe culturel municipal marocain dans ce qu’il a de meilleur : un espace qui ne sépare pas l’art de la vie quotidienne.

Programmation : toutes les formes de l’art marocain vivant

Théâtre

Le théâtre est au cœur de l’identité du complexe — en hommage direct à Hassan Skalli, homme de scène avant tout. Les représentations accueillent aussi bien des troupes amateures locales que des compagnies professionnelles invitées.

Les langues de la scène reflètent la réalité marocaine : darija, tamazight et français coexistent dans une programmation qui ne choisit pas entre les héritages.

Musique

Le répertoire musical est aussi large que la ville elle-même :

  • Musique andalouse et répertoire arabe classique
  • Chaâbi et musiques populaires urbaines
  • Gnaoua et musiques rituelles
  • Groupes traditionnels : Ahwach, ensembles de folklore régional

Arts plastiques & Photographie

La galerie du complexe programme expositions de peinture, de photographie et d’arts graphiques tout au long de l’année. Elle constitue pour de nombreux plasticiens casablancais l’une des rares plateformes d’exposition accessibles hors du centre-ville.

Cinéma & Audiovisuel

La salle équipée dédiée à l’audiovisuel accueille des ateliers de formation aux métiers de l’image et du son, ainsi que des projections dans la grande salle. Un axe particulièrement symbolique dans un lieu qui porte le nom d’un pionnier du cinéma marocain.

Culture amazighe

Le complexe est associé au Festival International de la Culture Amazighe, affirmant ainsi son rôle dans la reconnaissance et la diffusion du patrimoine culturel berbère. Une programmation en tamazight y trouve une scène légitime et un public réel.

Jeunesse & Ateliers pédagogiques

Les jeunes habitants de Sidi Bernoussi constituent le public prioritaire du complexe. Initiations aux arts vivants, ateliers parascolaires, découverte des métiers de la culture : le complexe investit dans la génération qui fera la culture marocaine de demain.

Partenaires & Réseau

Le complexe s’appuie sur un réseau institutionnel solide, construit dès sa fondation :

  • Conseil de la Ville de Casablanca
  • Commune urbaine de Sidi Bernoussi
  • Ministère de la Culture du Maroc
  • Wilaya du Grand Casablanca
  • Festival International de la Culture Amazighe

Ce socle institutionnel garantit la pérennité du lieu et ouvre la voie à des collaborations avec le tissu associatif local, les établissements scolaires et les opérateurs culturels privés.

Langues & Identité : un lieu résolument marocain

Ici, on ne choisit pas entre les langues. On les assume toutes. La darija est la langue du quotidien et de la scène populaire. Le tamazight est la langue d’une culture millénaire qui mérite sa place sur toutes les scènes du pays. Le français est la langue de médiation, de l’écrit et d’une certaine tradition culturelle héritée.

Ce plurilinguisme n’est pas une contrainte logistique. C’est une identité. Celle d’un Maroc qui ne se raconte pas dans une seule langue parce qu’il ne vit pas dans une seule langue.

Informations Pratiques

  • Adresse : Boulevard Souhaib Erroumi, Hay Mansour III, Sidi Bernoussi
  • Ville : Casablanca
  • Téléphone : +212 695 34 73 70 · +212 660 65 28 18
  • Direction : Adam Bouhlal
  • Tram : Ligne T2 — arrêt Bernoussi
  • Bus : Lignes 33 · 64 · 65 · 82 · 90 · 606 · 608 · 800
  • Train : TNR / TGL
  • Tarification : À confirmer directement auprès du complexe

Le nom de Ba Hassan est gravé sur la façade. Mais c’est à l’intérieur — dans les répétitions tardives, les vernissages du vendredi soir, les lectures du samedi matin — que son héritage continue de vivre. Venez voir. Venez créer. Venez faire partie du tableau.

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