| Type d’établissement | Espace d’art indépendant / Association à but non lucratif |
| Ville | Tanger, Maroc |
| Année de fondation | 2016 |
| Fondatrice | Nouha Ben Yebdri |
| Disciplines | Arts visuels, Pratiques curatoriales, Résidences, Médiation culturelle, Pédagogie expérimentale |
| Langues de programmation | Français, Anglais, Arabe |
| Publics | Artistes émergents, Professionnels de la culture, Étudiants, Grand public |
| Adresse | 122, Avenue Sidi Mohamed Ben Abdellah, Local B, Tanger |
| Site web | mahalartspace.com |
مَحَل
En arabe et en darija, Mahal signifie simplement : le lieu. L’endroit. L’espace partagé du quotidien.
C’est le mot de la boutique de quartier, du local familier, du territoire accessible à tous. Rien d’intimidant. Rien d’élitiste.
Choisir ce nom, c’est poser une promesse dès le seuil : cet espace appartient à sa ville, à ses habitants, autant qu’à ses artistes.
En novembre 2016, Nouha Ben Yebdri rentre à Tanger après plusieurs années passées à Madrid, où elle a décroché un master en gestion de l’art contemporain.
Elle a écrit pour La Fábrica, travaillé comme éditrice chez Edelvives, coordonné des projets à la résidence Trankat de Tétouan. Elle connaît le monde de l’art — et elle connaît ce que signifie le chercher à Tanger sans le trouver.
Elle décide de créer ce qui manque : un espace indépendant, non commercial, dédié à la création contemporaine dans une ville qui en était dépourvue.
Pourquoi Tanger ?
Mahal naît dans cet interstice, avec une conviction simple : la décentralisation culturelle est une question de justice créative.
La structure associative à but non lucratif est choisie délibérément — pour rester libre, hors du marché, hors des agendas institutionnels.
Mahal Art Space se définit comme un espace d’art multiforme, ouvert et expérimental.
Sa mission : concevoir et accueillir des expositions, résidences, ateliers, projections et rencontres qui encouragent une réflexion critique sur la société, les modes de vie et l’histoire.
Les 5 objectifs fondateurs :
Ce que Mahal n’est pas :
C’est un espace de co-construction, où l’art se fabrique, se discute et se vit ensemble.
Mahal programme des expositions individuelles et collectives, nationales et internationales, conçues comme des espaces de pensée autant que de regard.
Les formats varient selon les projets : in situ, en ligne, hybrides.
Expositions marquantes :
Mahal accueille des artistes nationaux et internationaux en résidence, pour des temps de recherche et de création ancrés dans le contexte tangerois.
Les résidences ne sont pas des parenthèses isolées. Elles alimentent directement expositions, ateliers et conversations publiques.
Elles créent aussi des liens durables entre artistes locaux et visiteurs, bien au-delà de chaque projet.
Les ateliers s’adressent à des publics variés : artistes en formation, étudiants, curieux de tout horizon.
Ils prolongent le propos des expositions par la pratique et le dialogue, selon des approches participatives et non hiérarchiques.
L’objectif n’est jamais de transmettre un savoir-faire isolé — mais d’ouvrir des espaces de questionnement partagé.
Ces moments privilégient l’échange direct entre artistes, chercheurs et publics, dans un format volontairement informel.
Si Mahal se distingue parmi les espaces indépendants du Maroc, c’est aussi par la profondeur de son engagement pédagogique.
Deux programmes originaux font de l’apprentissage un véritable terrain de recherche artistique.
Méta-Skholé Libre
Co-fondé avec Jean-Paul Thibeau, artiste et chercheur français, ce programme a démarré à Tanger en 2017.
Trois sessions ont eu lieu : 2017, 2018, 2019.
Le format est inédit :
La philosophie centrale : l’apprentissage est lui-même une pratique artistique. Apprendre, c’est déjà créer.
Pédagogies Silencieuses / Invisibles (Programme Prélude)
Ce programme de recherche interroge la relation entre les espaces d’art et leurs publics.
Il analyse les curricula de formation artistique au Maroc avec un regard critique — et s’intéresse aux savoirs informels, tacites, non institutionnalisés qui nourrissent souvent les pratiques les plus vivantes.
Il résonne directement avec les débats actuels sur la décolonisation de l’enseignement artistique et la revalorisation des formes de transmission locales.
Comprendre Mahal, c’est d’abord comprendre Tanger — et accepter ses contradictions.
La ville a longtemps été un mythe autant qu’un lieu. Zone internationale de 1923 à 1956, elle a attiré Paul Bowles, Burroughs, Matisse, Delacroix, Gysin. Ce legs est réel, puissant — et encombrant.
Il a fait de Tanger une ville-décor, une ville-fantasme projetée par des regards extérieurs, que l’on consomme plus qu’on ne l’habite vraiment.
Le Tanger de Mahal est un autre Tanger :
Tanger n’est pas seulement le contexte de Mahal. C’est son terrain de recherche, son interlocuteur principal, la matière première de sa programmation.
Chaque projet se déploie dans une relation consciente et critique avec la ville qui l’accueille.
Mahal a accompagné une génération d’artistes marocains et internationaux dont les pratiques dessinent les contours d’une scène contemporaine en plein essor.
Artistes associés à l’espace :
Ce qui unit ces présences, ce n’est pas un style commun. C’est une posture partagée : celle d’artistes qui pensent leur pratique en relation avec leur temps, leur territoire et leur histoire.
La démarche curatoriale de Nouha Ben Yebdri privilégie la recherche sur la séduction, le contexte sur le spectaculaire, la durée sur l’événement.
En moins de dix ans, Mahal a tissé un réseau solide — ancré localement, ouvert sur le monde.
Partenaires marocains :
Partenaires internationaux :
Le projet Undercurrents
Soutenu par Al-Mawred Al-Thaqafy en 2021, Undercurrents est une alliance entre Mahal, LE 18, Fondation Dar Bellarj et Derb El Ferrane.
Quatre axes de travail structurent la plateforme :
Plus qu’un partenariat, Undercurrents est une réponse collective aux questions que chaque espace indépendant marocain se pose sur sa capacité à durer, à transmettre et à influencer son écosystème.
« Mahal est né d’un besoin réel : celui de créer à Tanger un espace qui ne soit ni une galerie commerciale, ni une institution figée, mais un lieu vivant, en mouvement, capable d’accueillir autant la recherche que l’expérimentation, autant les artistes confirmés que ceux qui cherchent encore leur voix. »
— Nouha Ben Yebdri, fondatrice de Mahal Art Space
| 📍 Adresse | 122, Avenue Sidi Mohamed Ben Abdellah, Local B, Tanger |
| 🗺️ Quartier | Centre-ville, accessible depuis la médina et le boulevard Mohammed V |
| 🕐 Horaires | Variables selon la programmation — consulter les réseaux sociaux avant toute visite |
| 🎟️ Entrée | Libre et gratuite pour les expositions et événements publics |
| 📩 Contact | Via mahalartspace.com ou les pages officielles sur les réseaux sociaux |
| 🚌 Accès | Desservi par les principales lignes de bus du centre-ville de Tanger |